YES, VOILA UN DÉVELOPPEUR QUI EST RESTÉ !

Les développeurs en Tunisie, d’après ce qui se dit, sont débauchés à tour de bras et quittent le pays pour une période plus ou moins longue. La vague en a pris tellement sur son chemin que les patrons sont laissés pour compte face à cette pénurie qui devient problématique dans les secteurs du digital, notamment.

Comment y faire face ? Pour mieux comprendre un métier parmi les plus importants dans notre monde digital, nous avons décidé d’aller à la rencontre d’un développeur qui lui a décidé de rester et qui est embauché dans une start-up de renommée.

Comment es-tu arrivé dans ce métier ?

J’ai eu un cursus qui n’a rien avoir avec l’informatique 🙂 Après un bac Eco j’ai intégré l’IHEC filière technologie de l’information tout en continuant à exercer ma passion. Ma première expérience en freelance a porté ses fruits, je me suis dit pourquoi ne pas intégrer une entreprise et c’est de là que j’ai postulé chez Kpeiz.

Pourquoi le domaine du développement et non pas un autre domaine en lien avec tes études ?

C’est une vocation dès mon jeune âge. J’ai commencé comme tout le monde à trifouiller par ci par là pour découvrir le monde de la technologie. Et ce qui est drôle c’est que je me suis même rendu compte que cela m’a aidé à avoir de meilleures notes à la fac 🙂

Est-ce que tu peux me décrire une journée-type ?

Nos réveils sont toujours difficiles niveau de punch zéro ! Arrivé au bureau je sais à l’avance ce que j’ai à faire, parce que dans mon cas j’ai une planification hebdomadaire qui me permet de gérer les priorités. Bien entendu, ça se rythme en fonction des pauses, des réunions au cas où les priorités ont changé et du fameux écran noir qui est mon éternel et plus fidèle compagnon.

Voilà, c’est une journée simple sans gros problèmes mais si les problèmes arrivent toutes les priorités changent et on reste concentré dessus jusqu’à ce que le problème soit résolu.

Sinon, nos journées finissent généralement tard parce qu’on a un enchaînement de tâches qu’il n‘est pas possible de reporter au lendemain, sinon c’est compliqué de s’y retrouver. Une fois rentré et après une petite pause pour se rebooster entre ami ou en famille, je prends mon ordinateur et je continue à faire mon tour pour lire, voir les nouveautés, sinon tu risques facilement d’être hors-jeu vu l’évolution de la technologie.

Quels sont les évolutions possibles du métier de développeur ?

En général dans notre cas comme pour la plupart on apprend sur le tas donc on est plutôt considéré junior au début mais après pratiquement 2 ans on peut passer à senior. Une fois que vous êtes team leader c’est que vous avez acquis le volet technique et la possibilité de gérer une équipe de junior. Le chef de projet est la personne qui a la vision stratégique en plus de toutes ces qualités.

Après on sait que dans chaque entreprise les intitulés sont différents, mais grosso modo c’est ce qu’on retrouve.

Enfin le top du top c’est CTO, c’est le super développeur qui a en plus la vision stratégique et les compétences managériales. C’est un superman 🙂

 Quelles sont d’après toi les qualités pour être un bon développeur ?

En plus des qualités techniques il faut être passionné par son métier et être super curieux parce que notre secteur est en évolution rapide et continu et il faut être à la page. S’ajoute à tout cela la possibilité de travailler en équipe et savoir communiquer pour expliquer aux autres les problèmes techniques. Il y en a sûrement mais à mon sens c’est les principales.

Pourquoi prioriser le travail dans une start-up au lieu d’aller voir de grosses structures ou tu serais sûrement mieux payé ?

Ahhh ! Une start-up pour moi reflète un esprit jeune, dynamique et en perpétuelle évolution. Dans mon cas, on m’implique dans la plupart des décisions et je finis par voir mes tâches différemment, je comprends leur impact final. Quand je dois résoudre un souci je me mets plus facilement dans le contexte. Ces éléments à mon sens comble l’aspect salarial. Dans une entreprise plus importante avec des process déjà préétablis je serais là pour coder c’est tout et appliqué ce qui est attendu de moi sans trop réfléchir.

 Quelles sont les principales difficultés de ton métier ?

La difficulté principale et de faire la recherche exploratoire pour résoudre un problème donné, comme avec l’histoire de changement d’algorithme de Facebook. Il faut comprendre la nouvelle donne pour trouver une solution convenable. Il faut toujours allier solution et performance.

Pour finir et rester dans l’actualité dont parlent la plupart des chefs d’entreprise tu es surement au courant de la vague de développeurs qui quittent le pays ? Tu en penses quoi ? Comment d’après toi les entreprises peuvent y remédier ?

Je ne suis pas contre l’idée d’aller vers de nouveaux horizons à condition qu’on revienne pour faire bénéficier les entreprises de nos nouvelles connaissances. Ce qui ne se passe pas forcément de nos jours. Il faut avouer que les salaires sont très alléchants. Il faudrait que l’entreprise puisse proposer des sessions de formation par exemple de 2 mois à l’étranger ça permettrait d’apprendre d’autres techniques d’application bénéfique à l’entreprise. Dans un deuxième temps il faudrait qu’elle puisse lui offrir la possibilité d’accéder à des niveaux de postes inespérés. Là peut-être qu’il réfléchira avant de partir. Mais bon je pense que tout ça va se tasser il faut tenir bon c’est tout !

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